Les locaux où se trouve le CAAM sont des espaces adaptés, choisis parce qu’ils étaient les moins chers disponibles tout en répondant adéquatement aux besoins du centre.
Le plan d’autonomie alimentaire, déployé en collaboration avec plusieurs organismes pour l’ensemble de la Rivière-du-Nord, représente annuellement près d’un million de dollars. Ce montant couvre non seulement la distribution alimentaire, mais aussi les plateaux de travail, les achats groupés et la logistique destinés aux organismes du territoire, ce qui constitue un investissement collectif important.
Un des objectifs des portes ouvertes du CAAM était d’ailleurs de démontrer les capacités actuelles du centre et de mettre en lumière ce qu’il pourrait développer avec un financement adéquat.
L’événement couronne plus de deux ans de mobilisation menée par la Corporation de développement communautaire (CDC) Rivière-du-Nord avec une vingtaine d’organisations du territoire.
Né de la fermeture de deux banques alimentaires
La fermeture de deux organismes de distribution alimentaire de Saint-Jérôme, en juin et en septembre 2025, a forcé la CDC à intégrer l’aide alimentaire d’urgence à son projet pour éviter que des centaines de familles se retrouvent sans filet. La distribution a été relocalisée au 305, rue Scott dès le 6 octobre 2025.
Le centre dessert aujourd’hui entre 600 et 700 ménages inscrits, allant de la personne seule à la famille de dix personnes. Chaque situation est évaluée individuellement, et des intervenants sur place détectent les besoins psychosociaux pour orienter les personnes vers les bonnes ressources.
« L’inauguration marque surtout la fin des travaux de rénovation et la consolidation des services, y compris les programmes de réinsertion professionnelle et sociale », résume Éliza Laroche, coordonnatrice du projet et agente de liaison et de développement à la CDC Rivière-du-Nord.
Concrètement, le CAAM greffe à la distribution des achats regroupés pour le compte d’autres organismes et une cuisine de transformation destinée à convertir les surplus bruts en repas et en collations.
Plusieurs projets pilotes sont déployés en étroite collaboration avec des partenaires du milieu : une aide alimentaire en soirée, pensée pour les travailleurs et les étudiants qui ne peuvent manquer des heures de travail ou de cours, et dont la fréquentation a plus que doublé depuis septembre 2025. Des soupers communautaires sont également organisés le mercredi, au Centre de la famille, où ils accueillent jusqu’à 70 personnes, majoritairement en situation d’itinérance ou de vulnérabilité.
Le projet figurait par ailleurs parmi les finalistes du gala des Prix Zénith.
La suite est moins assurée. Mme Laroche décrit un financement qui demeure un défi constant, alors que l’insécurité alimentaire progresse dans l’ensemble des Laurentides et touche désormais autant les étudiants et les travailleurs que les familles et les aînés.
Elle donne en exemple Moisson Laurentides, qui s’active à approvisionner le réseau, alors que la demande augmente et que les surplus diminuent.

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