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Les Gardiens de la rue – Une coupe pour retrouver un peu de dignité

Photo Marie Pier Lafleur – Une initiative des Gardiens de la rue a permis à 43 personnes en situation de précarité de recevoir gratuitement une coupe de cheveux ou une taille de barbe, un moment de valorisation et de répit fort apprécié.

Les Gardiens de la rue – Une coupe pour retrouver un peu de dignité

Publié le 26/10/2026

À Saint-Jérôme, l’initiative des Gardiens de la rue a permis à 43 personnes de bénéficier gratuitement d’une coupe de cheveux ou d’une taille de barbe.

Au-delà du soin personnel, l’activité a surtout offert aux participants un moment d’écoute, de contact humain et de valorisation, dans un contexte où l’isolement accompagne souvent la précarité.

Pour Mélanie Poirier, fondatrice des Gardiens de la rue, cette journée représentait bien plus qu’un service de coiffure. L’initiative concrétisait un souhait qu’elle nourrissait depuis longtemps.

« C’était vraiment un rêve pour moi de redonner la dignité aux gens », explique-t-elle. « On ne leur donne pas un appartement, mais on leur donne un peu de dignité à ce moment-là. »

Plusieurs bénéficiaires lui ont confié ne pas avoir eu accès à ce type de service depuis des années. Pour d’autres, l’essentiel était simplement que quelqu’un prenne le temps de s’arrêter pour eux.

La participation a dépassé les attentes initiales de l’équipe bénévole.

Donner de son temps, sans jugement

Au salon La Perle Rare, les coiffeuses Valérie Charbonneau et Gloria Perez ont répondu à l’appel en mettant leur savoir-faire au service de personnes qui n’ont pas nécessairement les moyens de se payer une coupe.

« On trouvait que c’était une belle façon de donner aux gens qui sont dans le besoin. Ça ne coûte rien et ça nous fait plaisir », souligne Gloria Perez.

Pour Valérie Charbonneau, le geste prend tout son sens dans la relation qui se crée au-delà du fauteuil de coiffure.

« Donner un peu notre temps finalement. En même temps, jaser avec eux autres et les rendre mieux », dit-elle. « On va donner un peu de dignité, comme on dit, puis qu’ils se sentent mieux. »

Les échanges ont également amené les deux professionnelles à réfléchir aux circonstances qui peuvent conduire une personne à vivre dans la précarité. Leurs rencontres leur ont rappelé que ces réalités ne sont pas nécessairement aussi éloignées de leur propre vie qu’elles pourraient le croire.

« Quand tu les entends parler, ça aurait pu nous arriver aussi », affirme Gloria Perez.

Briser l’isolement, une rencontre à la fois

Si la coupe de cheveux constitue le service visible, les discussions et les liens humains occupent une place tout aussi importante dans les activités des Gardiens de la rue.

« Ils ne viennent pas juste chercher un repas ou une coupe de cheveux. Ils viennent socialiser aussi, ils viennent discuter avec les gens », explique Mélanie Poirier.

Mélanie Poirier rapporte que les bénévoles reçoivent régulièrement des témoignages de reconnaissance.

« Merci d’être là pour nous autres », entendent-ils fréquemment. « Vous autres, vous prenez le temps de vous arrêter. »

Cette volonté de contribuer à la communauté s’est aussi manifestée chez Loïc, qui a d’abord participé à l’activité comme bénévole avant de profiter des services offerts. Son engagement lui permet de redonner, tout en reconnaissant l’importance de prendre soin de lui-même.

Il explique avoir choisi de s’impliquer parce qu’il voulait passer du constat à l’action et consacrer du temps à une cause qui lui tient à cœur.

« J’ai envie d’être là, non pas parce que je dois être là, mais parce que j’ai envie d’y aller », affirme-t-il.

Un premier pas vers d’autres démarches

Pour les Gardiens de la rue, répondre aux besoins immédiats demeure essentiel. Mais ces gestes peuvent également contribuer à créer les conditions nécessaires pour entreprendre d’autres démarches, estime Mélanie Poirier.

« Un repas, une coupe de cheveux, c’est comme des étapes vers autre chose », soutient-elle. « Quand tu te sens un petit peu mieux dans ton cœur, tu es peut-être plus enclin la semaine prochaine à faire d’autres démarches. »

L’organisme poursuit ses distributions alimentaires alors que le froid s’installe. Il sollicite également des dons de vêtements chauds, de sacs de couchage, de produits d’hygiène et d’autres articles permettant de mieux affronter l’hiver.