Un besoin identifié depuis des années
Actif dans la région depuis trois décennies, l’organisme profitait de ce premier lancement public pour présenter une initiative attendue. Devant partenaires, mentors, familles d’accueil et intervenants, la présidente du conseil d’administration, Héloïse Pillon, a insisté sur la nécessité de consolider la gouvernance et d’accueillir de nouveaux administrateurs pour soutenir la croissance. Elle a aussi souligné le rôle de la directrice générale, Lynn Aubertin, dans la structuration et le développement des services.
Une faille dans l’offre de services
Passerelle découle d’un cas marquant : une jeune, en cours de jumelage, a vu son processus interrompu lors d’un placement en famille d’accueil. La décision de poursuivre revenait à cette dernière, qui n’a pas donné suite. « Elle est tombée dans un trou de service », a résumé Frédérique, coordonnatrice clinique. Jusqu’ici, les jeunes placés de 6 à 14 ans n’avaient accès ni au programme traditionnel — réservé à ceux vivant dans leur milieu familial — ni au mentorat 16-21, accessible à partir de 14 ans. Grâce à un donateur privé de la région, le projet a pu se concrétiser. Passerelle vise ainsi à offrir une présence stable dans des parcours souvent marqués par des ruptures.
Un engagement ancré dans un vécu personnel
En poste depuis deux ans, Lynn Aubertin a livré un témoignage marquant. Ancienne gestionnaire dans le milieu bancaire, elle a réorienté sa carrière après la perte de sa fille Liana, décédée à 17 ans. « Perdre un enfant, ça bouleverse tous nos repères », a-t-elle confié. En entrevue, elle résume son engagement : « Ne serait-ce que d’en sauver une seule. Nos jeunes sont isolés, souvent sans famille, sans personne à qui parler. Je voulais transformer ma peine en quelque chose qui peut faire du bien. » Elle voit dans le mentorat une présence non autoritaire, capable d’offrir un espace d’écoute essentiel.
Un impact concret sur le terrain
Des membres de l’équipe ont témoigné de leur réalité. Guillaume, responsable du programme 16-21, a évoqué son virage professionnel et sa fierté envers les jeunes accompagnés. Annabelle Basque, intervenante au programme traditionnel, a rappelé l’importance de répondre aux besoins quotidiens des adolescents. Tous ont insisté sur la valeur des jumelages, soutenus par un suivi clinique étroit pour assurer leur qualité et intervenir rapidement au besoin.
Trente ans d’évolution
Le fondateur Claude Legourdet a rappelé les débuts de l’organisme en 1995, dans un contexte difficile pour les Grands Frères Grandes Sœurs au Québec. Il a souligné la contribution de l’ancienne directrice Carole Dionne, reconnue pour son expertise à l’échelle provinciale et nationale. Depuis, l’organisme a élargi son territoire et adapté ses services aux besoins changeants des jeunes.
Une offre désormais complète L’organisme propose trois volets :
– le programme traditionnel pour les jeunes de 6 à 18 ans vivant dans leur milieu familial ;
– le mentorat 16-21 pour ceux suivis par la DPJ ou en vertu de la LSJPA ;
– Passerelle, pour les jeunes en famille d’accueil de 6 à 14 ans.
Les jumelages reposent sur des rencontres aux deux semaines, de trois à quatre heures, visant à créer un lien durable et significatif.
Une demande qui dépasse la capacité
La pression est forte. « J’en ai plus de 700 qui attendent en DPJ, juste dans les Laurentides », a indiqué Lynn Aubertin. Le recrutement de mentors demeure crucial et passe par un processus rigoureux. L’organisme souhaite aussi renforcer son conseil d’administration pour soutenir son développement. Le succès de Passerelle dépendra de l’engagement de la communauté, que l’équipe espère mobiliser autour de la réalité des jeunes placés et de l’impact du mentorat.

MOTS-CLÉS
Saint-Jérôme
DPJ
Grands Frères Grandes Sœurs de la Porte du Nord
Passerelle