icon journal
Palliacco – Accompagner jusqu’au bout avec humanité

Photo courtoisie Palliacco – Palliacco : Les bénévoles au cœur des soins de fin de vie

Palliacco – Accompagner jusqu’au bout avec humanité

Publié le 23/04/2026

Bénévole chez Palliacco, Jo Ann Champagne accompagne des personnes en fin de vie avec une présence attentive et apaisante. Son engagement, né d’un appel intérieur, transforme autant les derniers moments des patients que sa propre vision de la vie.

Un appel vers les soins palliatifs

Après une longue carrière dans le milieu littéraire, Jo Ann Champagne a choisi de consacrer son temps au bénévolat. Elle cherchait un engagement qui ait du sens. « Je voulais que ça puisse servir pour apporter du bien à la personne », dit-elle.

C’est en découvrant une annonce de Palliacco qu’elle s’est inscrite à la formation de base offerte aux futurs bénévoles. Elle a d’abord été jumelée à une personne vivant en résidence privée pour aînés, qu’elle a accompagnée jusqu’à la veille de son aide médicale à mourir. Cette expérience l’a profondément marquée.

Rapidement, elle a senti que sa place se trouvait ailleurs. « Il y avait quelque chose à l’intérieur de moi qui m’appelait plus fortement que les résidences. Et je suis à l’aise, je suis confortable dans un hôpital », explique-t-elle. Les soins palliatifs lui sont apparus comme un milieu où elle pouvait offrir une présence plus juste, dans un environnement calme et centré sur le confort des patients.

La présence comme soutien essentiel

Aux soins palliatifs, les rencontres varient selon l’évolution de la maladie. Jo Ann peut accompagner une personne pendant quelques jours ou plusieurs semaines. Chaque relation se construit dans un temps restreint, mais avec une grande intensité.

Son rôle repose avant tout sur la présence. Une présence simple, sans pression ni attentes. « Les silences, juste de partager un silence avec la personne, c’est la présence. Tout change. Le silence est partagé, mais c’est un silence qui est plein », dit-elle.

Elle constate aussi l’importance de l’entourage. « Je vois tellement qu’il y a une différence entre quelqu’un qui est entouré… Ils quittent le monde terrestre de manière beaucoup plus sereine », observe-t-elle. Lorsque la famille est absente, elle devient ce repère humain qui rassure et apaise.

Portrait en intérieur d'une personne penchée vers l'objectif, étagères et décorations murales visibles en arrière-plan
Photo Palliacco – Bénévole chez Palliacco, Jo Ann Champagne accompagne des personnes en fin de vie avec une présence attentive et apaisante.

Accompagner jusqu’au dernier souffle

Certaines expériences demeurent gravées. Jo Ann raconte celle d’une dame arrivée en urgence, sans proches, dont la maladie avait altéré le visage. Avant de la laisser entrer, la médecin lui a demandé si elle se sentait capable d’aller au-delà de l’apparence physique. « Je me suis dit : si c’était mon enfant, j’y serais. Alors je vais être capable d’aller au-delà du physique », se souvient-elle.

Elle a mis de la musique, parlé doucement, puis est allée chercher une couverture chaude. « Si vous voulez partir, je suis avec vous. Vous n’êtes pas seule », lui a-t-elle murmuré. La dame est décédée quelques minutes plus tard, dans une grande douceur. « Ça a été l’une des plus belles expériences que j’ai vécues », dit-elle.

Ces moments exigent une grande disponibilité émotionnelle. Après chaque accompagnement, elle prend soin de ne rien planifier. « J’ai besoin de faire le vide. Je me permets que ça m’habite », explique-t-elle. Ce temps de recul lui permet de respecter ce qu’elle vient de vivre et de préserver la qualité de sa présence.

Un bénévolat qui transforme la vie

Accompagner des personnes en fin de vie modifie inévitablement le regard que l’on porte sur l’existence. Pour Jo Ann, cette transformation est profonde. « La proximité avec la personne te rappelle la valeur des choses simples », dit-elle. Les petites joies prennent une importance nouvelle, tout comme la gratitude et l’émerveillement.

Elle souligne aussi que les personnes qu’elle accompagne, même dans leurs derniers jours, ont encore beaucoup à transmettre. Leur lucidité, leur courage ou leur façon d’aborder la fin de vie deviennent des leçons silencieuses. « On apprend tellement », dit-elle.

Ce bénévolat lui permet de maintenir un lien constant avec la fragilité humaine, mais aussi avec sa beauté. Elle y trouve un sens renouvelé, une cohérence intérieure qui s’est imposée naturellement après sa carrière professionnelle.

Apprendre pour mieux accompagner

Souhaitant approfondir sa compréhension de la fin de vie, Jo Ann est retournée aux études. « Lors de mon dernier cours sur la sensibilisation au deuil, j’étais la plus âgée de la cohorte, ce qui ne m’a pas empêchée d’être acceptée au programme en fin de vie et soins palliatifs. », raconte-t-elle.

Elle y suit des cours sur le deuil et ses différentes formes, ce qui complète son expérience sur le terrain. Ces apprentissages renforcent sa capacité à offrir un soutien juste et sensible.

Elle se rappelle aussi les enseignements de Jean-Monbourquette, qu’elle avait côtoyé dans sa carrière précédente. Son approche du deuil et de la croissance personnelle résonne encore aujourd’hui dans sa pratique bénévole.

Pour Jo Ann, accompagner en soins palliatifs n’est pas seulement un engagement bénévole. C’est une démarche humaine, réfléchie, nourrie par l’écoute, la présence et le désir sincère d’être là jusqu’au bout.