L’événement, organisé par la FTQ Laurentides–Lanaudière au Tapis Rouge du Complexe du Vieux Shack à l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, portait sur la violence conjugale et les moyens de mieux soutenir les victimes. Plusieurs témoignages ont été présentés au cours de la soirée, dont celui de Nancy Boucher, survivante de violence conjugale.
Lors de son allocution, Yves Imbeault a insisté sur l’importance de reconnaître les signes de violence dans les milieux de travail et d’outiller les représentants syndicaux pour intervenir lorsqu’un doute survient. « Elle ne peut plus parler, mais moi, je parlerai pour elle, parce que Joanie, ce n’est pas une statistique », a-t-il affirmé.
Il estime que les organisations doivent être mieux préparées à soutenir les victimes et réclame notamment des formations obligatoires ainsi que des protocoles d’intervention clairs dans les milieux de travail.
Des critiques envers le gouvernement
Au cours de la soirée, M. Imbeault a également dénoncé ce qu’il considère comme un manque d’action du gouvernement du Québec pour soutenir les victimes de violence conjugale. Il évoque notamment le manque de places en maisons d’hébergement et les milliers d’appels au 911 liés à des situations de violence.
Le comité de violence conjugale FTQ Laurentides–Lanaudière affirme avoir demandé à trois reprises une rencontre avec le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, sans obtenir de réponse. « Pendant que des femmes meurent et que des familles sont détruites, le silence du ministre de la Justice devient assourdissant », a dénoncé M. Imbeault.
La création de la Fondation Joanie
C’est dans ce contexte que la Fondation Joanie a été annoncée. L’organisme vise à soutenir les femmes vivant des situations de violence conjugale et à encourager la mobilisation de la communauté.
« La Fondation Joanie est née d’un drame irréparable, mais surtout d’un amour de père qui ne s’éteint pas aujourd’hui », a déclaré Yves Imbeault. « En créant cette fondation, je refuse que son nom soit associé uniquement à une tragédie. Je veux qu’elle devienne un symbole de courage, de mobilisation et d’espoir. »
D’autres initiatives ont également été présentées lors de la soirée. Claudine Ayotte, nièce de M. Imbeault, a publié le livre Pour que les lumières des lucioles ne s’éteignent jamais, qui raconte l’histoire de Joanie Imbeault et aborde la réalité de la violence conjugale. L’ouvrage était offert en vente durant l’événement.
Par ailleurs, le comité de violence conjugale FTQ Laurentides–Lanaudière a dévoilé un manifeste demandant notamment un financement accru pour les maisons d’hébergement, les CALACS et les organismes communautaires. Il réclame aussi l’adoption d’une loi de type « loi de Clare », qui permettrait aux femmes d’être informées des antécédents violents d’un partenaire, ainsi que l’intégration de mesures de protection pour les victimes dans les conventions collectives.

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