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Violence sexuelle : le CALACS constate un « recul » chez certains adolescents

Photo Marion Jardin – Une marche dans le cadre de la Journée d’action contre la violence sexuelle faite aux femmes, organisée par le CALACS L’Ancrage, l’année passée.

Violence sexuelle : le CALACS constate un « recul » chez certains adolescents

Publié le 18/09/2026

À l’approche de la 45e Journée d’action contre la violence sexuelle faite aux femmes, le CALACS L’Ancrage de Saint-Jérôme constate un inquiétant retour de certains discours masculinistes, particulièrement perceptible auprès des adolescents.

L’organisme, qui accompagne des adolescentes et des femmes survivantes de violences sexuelles, organisera le 18 septembre une soirée de mobilisation dans le cadre de la campagne nationale « Sans entrave(s) ». Création de pancartes, marche de solidarité et prises de parole sont notamment prévues à Saint-Jérôme.

Selon Julie Santerre, intervenante, et Nathalie Esain, coordonnatrice générale au CALACS L’Ancrage, historiquement, certaines femmes ayant vécu des agressions durant leur enfance attendaient parfois plusieurs décennies avant de demander de l’aide.

L’an dernier, le CALACS dit avoir tenu 15 groupes de cheminement et rencontré individuellement 141 femmes et adolescentes. Malgré cela, une liste d’attente demeure.

Un recul observé chez certains adolescents

Le CALACS offre depuis plusieurs années des ateliers de prévention dans les écoles secondaires, notamment sur les différentes formes d’agression, le consentement, les limites personnelles et la façon d’accompagner une victime.

Or, les intervenantes disent constater un changement depuis quelques années.

« Ce qu’on a vu depuis quelques années, c’est vraiment un recul », affirme Mme Santerre, qui associe notamment cette situation à la pandémie, à la diminution des contacts sociaux et à l’omniprésence des réseaux sociaux.

Dans certains ateliers, elles rencontrent maintenant certains jeunes davantage sur la défensive lorsqu’il est question de consentement et de violences sexuelles.

Mme Santerre observe également une présence plus marquée de discours remettant en question la parole des femmes et le féminisme, ainsi que des comportements homophobes et transphobes dans certaines écoles.

La réponse, selon elle, passe notamment par la prévention et le dialogue en donnant « plus d’espace à ceux qui parlent moins forts, mais aussi maintenir un discours d’ouverture avec un langage clair ».

Dix ans après le mouvement #MeToo, le CALACS estime que la parole s’est libérée, mais que cette évolution s’accompagne également d’un ressac. L’organisme estime aussi que la montée de certains discours masculinistes peut contribuer à réinstaller la peur chez les femmes qui prennent la parole.

Mieux reconnaître le contrôle coercitif

L’entretien a également porté sur les changements législatifs récents, notamment la reconnaissance du concept de contrôle coercitif.

Pour les intervenantes, cette notion permet de mieux comprendre une réalité de la violence conjugale qui peut passer inaperçue lorsqu’on analyse séparément chacun des comportements.

« C’est majeur cette idée-là du contrôle coercitif parce que ça permet de mettre en lumière le contexte de violence conjugale », explique l’intervenante.

Le contrôle peut notamment prendre la forme de pressions sur le travail, les dépenses, les déplacements ou les fréquentations d’une partenaire. « Ça peut tellement passer pour de l’amour, de l’attention », souligne-t-elle.

Un conjoint peut ainsi paraître charmant aux yeux de l’entourage alors que sa partenaire vit une surveillance et un contrôle constants.

Les activités de la Journée d’action auront lieu le 18 septembre à Saint-Jérôme. L’organisme rappelle que les survivantes ne devraient pas avoir à franchir de nouveaux obstacles pour accéder au soutien dont elles ont besoin.