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Anne Nguyen veut devenir la « gardienne de l’impact »

Photo courtoisie – Ministre déléguée à l’Intelligence artificielle et au Numérique, Anne Nguyen entend miser sur des résultats concrets pour les citoyens, tant dans la gestion des projets numériques de l’État que dans les dossiers des Laurentides.

Anne Nguyen veut devenir la « gardienne de l’impact »

Publié le 03/11/2026

Anne Nguyen, ministre déléguée à l’Intelligence artificielle et au Numérique, entend revoir certaines pratiques qui ont marqué la gestion des grands projets informatiques de l’État.

Également responsable des Laurentides, la députée de Prévost mise sur des investissements progressifs, des résultats rapides et une meilleure collaboration entre les élus pour faire avancer les dossiers.

« Je vais toujours me faire la gardienne de l’impact », résume-t-elle.

La formule lui vient naturellement lorsqu’on évoque les dépassements de coûts et les difficultés qui ont marqué les projets numériques du gouvernement précédent. Pour la nouvelle ministre, la solution ne consiste pas nécessairement à investir davantage, mais à revoir la manière dont l’État développe et réalise ses projets.

Son approche : avancer par étapes, mesurer les résultats et corriger rapidement ce qui ne fonctionne pas.

Pour éviter de reproduire les erreurs du passé, elle souhaite notamment fractionner les grands projets gouvernementaux en initiatives plus modestes, dont les résultats pourront être évalués avant d’autoriser de nouveaux investissements.

« On a toujours tendance à dire : on va continuer à investir. On a déjà tellement mis d’argent, on ne peut pas arrêter là. » La ministre n’entend pas continuer à investir dans des projets dont les résultats ne sont pas au rendez-vous : « On ne met pas du bon argent sur du mauvais argent. »

Responsable des Laurentides

Anne Nguyen hérite également du rôle de ministre responsable des Laurentides.

La composition du nouveau Conseil des ministres soulève certaines interrogations quant au poids politique de la région, qui bénéficiait d’une représentation ministérielle importante sous le gouvernement précédent.

Questionnée sur sa capacité à défendre les intérêts des Laurentides dans ce nouveau contexte, la ministre refuse d’y voir un obstacle.

« Ce n’est pas le nombre : c’est la façon qu’on peut travailler avec les députés qui va faire la différence », soutient-elle en insistant sur l’importance de démontrer pourquoi un investissement serait plus durable et plus avantageux qu’un autre.

Elle souhaite penser aux enjeux différemment et jouer un rôle rassembleur. En matière de mobilité, par exemple, elle estime nécessaire de considérer simultanément les conséquences des changements climatiques, la durabilité des infrastructures et les différentes solutions de transport.

Elle évoque notamment l’expertise environnementale de son collègue Pierre Nantel, qu’elle souhaite mettre à contribution dans les réflexions régionales.

Santé, vieillissement et itinérance

Outre les infrastructures et la mobilité, Anne Nguyen identifie deux autres grands défis pour les Laurentides : l’accès aux soins de santé, dans un contexte de vieillissement de la population, et la progression de l’itinérance.

Sur le premier enjeu, elle rappelle que plusieurs personnes choisissent les Laurentides pour leur retraite et invite à dépasser la seule question de la construction de nouvelles installations pour réfléchir aux conditions qui leur permettraient de demeurer plus longtemps en santé et dans leur milieu de vie.

Quant à l’itinérance, la ministre reconnaît que le phénomène prend une place grandissante dans les préoccupations régionales. Elle cite notamment Saint-Jérôme, où l’expérience des organismes communautaires pourrait, selon elle, servir de modèle pour le reste des Laurentides.

Une chose demeure : en choisissant de se présenter comme la « gardienne de l’impact », la ministre définit le critère sur lequel son mandat pourra être évalué.