Organisé dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes aînées, l’événement Cultivons la bientraitance a réuni des organismes de partout dans les Laurentides afin d’informer la population sur les ressources disponibles tout en favorisant une culture fondée sur le respect, l’écoute et la dignité.
Cette première édition est née d’une initiative du Comité lutte à la maltraitance Rivière-du-Nord. L’objectif consistait à créer un lieu de rencontre entre les citoyens et les organismes qui accompagnent les personnes aînées et les adultes en situation de vulnérabilité.
Pour Stéphanie Bérard, directrice générale du Centre d’assistance et d’accompagnement aux plaintes des Laurentides (CAAP) et présidente de Vigilange, l’événement répondait à un besoin de visibilité et d’accessibilité.
« Le Comité lutte à la maltraitance Rivière du Nord a décidé de faire une première édition Cultivons la bientraitance pour sensibiliser la population […] et faire la promotion de tous les organismes qui peuvent leur venir en aide. »
Selon elle, la formule permettait de réunir sous un même toit des organismes œuvrant auprès des personnes aînées et de mieux faire connaître les services offerts sur le territoire.
Des ressources réunies sous un même toit
Plusieurs organismes étaient présents pour rencontrer les visiteurs, dont Infos Justice, L’Antr’Aidant, le Réseau Éclaireur, la FADOQ et le CAAP. Les participants pouvaient obtenir de l’information sur les moyens de prévenir la maltraitance, de reconnaître certains signes préoccupants ou encore de connaître les démarches d’accompagnement disponibles.
Stéphanie Bérard a rappelé que « les services sont gratuits et offerts de façon confidentielle », tant pour les personnes concernées que pour leurs proches.
Au-delà de l’information, les organisateurs souhaitaient aussi favoriser les échanges et briser l’isolement qui peut parfois rendre certaines situations plus difficiles à signaler.
Une charte pour guider les actions
La présentation officielle de la Charte régionale de la bientraitance a constitué l’un des moments marquants de la journée. Réalisée par le Comité régional de lutte contre la maltraitance envers les personnes aînées en collaboration avec la Table régionale des aînés des Laurentides, cette charte vise à promouvoir une vision commune de la bientraitance.
Kathleen Gagnon, coordonnatrice régionale de la lutte contre la maltraitance, a expliqué les principes ayant guidé son élaboration.
« On sait que la maltraitance engendre des conséquences qui sont inacceptables. »
Elle ajoute que « toute personne qui côtoie une personne aînée ou adulte en situation de vulnérabilité […] doit déployer des actions fortes de sens pour faire cesser la maltraitance, mais aussi favoriser la bientraitance. »
La portée du document a également été élargie afin d’inclure l’ensemble des adultes vivant une situation de vulnérabilité.
« Il y a eu un souci de l’élargir envers toute personne majeure en situation de vulnérabilité », précise-t-elle.
Kathleen Gagnon a également tenu à distinguer les notions de bienveillance et de bientraitance.
« La bienveillance fait partie intégrante de la bientraitance, mais la bientraitance, c’est de prendre le temps avant d’agir, de tenir compte du point de vue de la personne. »
La charte s’appuie notamment sur le respect de la dignité, l’autodétermination, la participation sociale ainsi que le maintien des compétences des intervenants.
Un enjeu qui interpelle toute la société
Présente à l’événement, la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Sonia Bélanger, a souligné l’importance du travail accompli par les organismes communautaires de la région.
« Vous avez une capacité de mobilisation qui est vraiment extraordinaire. Un grand, grand merci d’être là. Vous faites la différence dans la vie de plusieurs personnes aînées. »
La ministre a également rappelé l’ampleur du vieillissement démographique au Québec, où près de 1,8 million de personnes sont âgées de 65 ans ou plus.
Elle a profité de l’occasion pour évoquer les investissements gouvernementaux en soutien à domicile ainsi que la stratégie Fierté de vieillir, qui vise à favoriser la participation sociale des aînés et à adapter les services à l’évolution de leurs besoins.
Un engagement collectif
Pour la présidente de la Table régionale des aînés des Laurentides (TRARA), Gislaine Landreville, la promotion de la bientraitance ne peut reposer uniquement sur les organismes spécialisés.
« Ce thème nous aide non seulement à reconnaître et prévenir les situations de maltraitance, mais également à poser des gestes concrets au quotidien pour favoriser des relations respectueuses, empreintes de dignité, d’écoute et de bienveillance. »
Elle a rappelé la contribution de la TRARA à la mise en place du comité local de lutte contre la maltraitance et salué l’engagement des nombreux partenaires présents.
Tout au long de la journée, les visiteurs ont parcouru les kiosques d’information, participé à des ateliers et découvert la Charte de la bientraitance, qu’ils étaient invités à signer symboliquement.
Au-delà de cette première édition, les organisateurs souhaitent contribuer à l’émergence d’une culture durable de respect et d’inclusion. Comme l’a souligné Gislaine Landreville, chacun peut devenir « un ambassadeur » de la bientraitance dans son milieu de vie. Un message qui a trouvé écho auprès des nombreux intervenants réunis à Saint-Jérôme pour rappeler que la prévention de la maltraitance demeure une responsabilité collective.
La ministre Sonia Bélanger entourée des membres du comité organisateur lors de la première édition de Cultivons la bientraitance, tenue au Quartier 50+ de Saint-Jérôme.

MOTS-CLÉS
Saint-Jérôme
Aînés
Sonia Bélanger