Une pétition comptant plus de 1 450 signatures a été présentée aux élus, alors que plusieurs résidents réclament l’abandon du site envisagé au Versant-du-Ruisseau.
Parmi eux, Bernard Anton, écrivain et résident de Prévost, a transmis une lettre ouverte au maire, accompagnée de références scientifiques et juridiques. Il demande à la Ville de refuser l’utilisation de son terrain municipal pour accueillir l’infrastructure.
« Nous estimons que l’implantation projetée d’une tour cellulaire de 75 mètres de Bell Mobilité au sein de notre communauté est une erreur stratégique qui va affecter notre santé, dénaturer durablement notre milieu de vie […] et déprécier notre qualité de vie », écrit-il.
Un désaccord sur les pouvoirs de la Ville
Dans sa lettre, Bernard Anton conteste l’idée selon laquelle Prévost aurait les mains liées.
Il invoque l’arrêt Telus Communications Inc. c. Fédération canadienne des municipalités (2025 CSC 15), rendu le 25 avril 2025. Selon le passage qu’il cite, le CRTC « n’a pas le pouvoir d’accorder aux entreprises de télécommunication l’accès aux propriétés ou aux lieux publics municipaux pour installer leurs antennes petite cellule 5G ».
Selon son interprétation, ce jugement confirme qu’une entreprise de télécommunication ne peut obliger une municipalité à mettre un terrain lui appartenant à sa disposition. Il fait également référence à la décision de la municipalité de Val-David de s’opposer à un projet de mégatour, à Vallée Bleue, en février 2026.
« Pourquoi vous n’utilisez pas votre droit et pouvoir de dire non à Bell […] ? Pourquoi vous refilez ce dossier au fédéral ? », a-t-il demandé au maire.
Paul Germain avait reconnu, lors du conseil municipal du 13 octobre, que la municipalité demeure libre de refuser l’utilisation de sa propriété. Il distingue toutefois cette prérogative de la compétence fédérale en matière d’implantation des infrastructures de télécommunication.
« Une compagnie de télécommunications ne peut pas imposer à une ville de prêter son terrain pour installer une tour de télécommunications », a-t-il convenu.
Le maire estime néanmoins que refuser le terrain municipal pourrait simplement déplacer le projet vers une propriété privée, où les possibilités d’intervention de la Ville seraient plus limitées.
« La Ville peut faire un choix, puis ce sera au conseil de décider », a-t-il précisé.
Pour Bernard Anton, cet argument ne justifie pas que la municipalité accepte un projet auquel s’opposent de nombreux résidents.
Questionné à ce propos, Tim Watchorn, député fédéral des Pays-d’en-Haut, a affirmé que la décision d’aménager ou non une mégatour relève du CRTC, et donc du fédéral.
La santé publique au cœur des préoccupations
Les inquiétudes sanitaires continuent d’alimenter la contestation, malgré une séance d’information organisée le 7 octobre à la demande de la Ville, avec la Direction de santé publique des Laurentides et le Dr Marc-Étienne Bastien, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive à la Direction de santé publique.
Dans un document daté du 30 septembre, présenté dans le cadre de cette démarche, la Direction de santé publique indique que « selon les connaissances scientifiques actuelles, aucun effet nocif à court ou à long terme n’a été démontré lorsque l’exposition aux radiofréquences respecte les limites canadiennes ».
Le document précise également que les antennes cellulaires émettent des rayonnements non ionisants et que les limites canadiennes visent à protéger l’ensemble de la population, y compris les personnes plus vulnérables.
Bernard Anton demande notamment l’application du principe de précaution et souhaite que la Ville examine des études scientifiques dont les conclusions diffèrent de celles retenues par les autorités sanitaires.
« Il faut les lire et respecter leurs recherches scientifiques. Leurs conclusions sont plus nuancées », soutient-il dans sa lettre.
Le maire affirme pour sa part devoir s’appuyer sur les avis d’organismes reconnus.
« Je pense que comme élu, on doit se fier à des sources reconnues », a-t-il déclaré, ajoutant que « le principe de précaution […] a ses limites ».
Sollicitée pour commenter le dossier, la Ville de Prévost a toutefois dirigé les demandes portant sur les radiofréquences vers la Direction de santé publique des Laurentides, tout en rappelant que les documents de la séance d’information du 7 octobre sont accessibles sur son site Internet.
Le conseil municipal doit encore se prononcer sur l’emplacement envisagé, une décision attendue dans les prochaines semaines.
Pour lire davantage sur le sujet, consultez notre article sur la pétition.

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