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Vigil’Ange : dix ans à briser l’isolement des aînés

Photo Marie Pier Lafleur – Vigil’Ange célèbre son 10e anniversaire, soulignant une décennie d’accompagnement auprès des aînés de la région.

Vigil’Ange : dix ans à briser l’isolement des aînés

Publié le 05/10/2026

Depuis dix ans, Vigil’Ange accompagne des aînés qui peinent à accéder aux ressources, notamment ceux qui vivent de l’isolement ou disposent de peu de soutien.

L’organisme rejoint aujourd’hui entre 350 et 400 personnes par année.

À Saint-Jérôme, le 10e anniversaire de Vigil’Ange a réuni élus, partenaires et bénévoles. Pour Nathalie Bélisle, directrice de l’organisme, les témoignages entendus lors de l’événement ont permis de mesurer le chemin parcouru.

« On entend les bons mots qu’ils ont pour nous puis ça nous permet de voir que l’impact de Vigilange est reconnu dans toutes les sphères. Autant chez les élus, autant chez les partenaires, autant chez les personnes accompagnées », dit-elle.

Le lien de confiance avant tout

L’isolement et les difficultés liées aux démarches numériques font partie des réalités auxquelles l’équipe est confrontée. Nathalie Bélisle observe aussi des situations où des aînés peuvent être victimes de fraude ou d’abus financiers.

« Il y a de plus en plus de gens isolés qui peuvent être victimes d’abus financiers… L’Internet n’est pas idéal pour les aînés, actuellement », souligne-t-elle.

Certaines personnes hésitent toutefois à reconnaître leur situation.

« Souvent, les victimes de fraude se sentent mal à l’aise, se sentent vulnérables. Des fois, ils ne savent pas qu’ils sont victimes », dit-elle.

Vigil’Ange privilégie alors le lien de confiance plutôt que d’imposer une décision. L’équipe peut notamment orienter les personnes vers des ressources ou des conférences sur la fraude.

« Briser l’isolement, c’est le secret dans notre société », résume Nathalie Bélisle.

Un accompagnement peut parfois se traduire par une démarche concrète, comme aider une personne à effectuer des appels ou à changer son numéro de téléphone.

« Les gens retrouvent un peu leur pouvoir sur leur vie », résume la directrice.

Une idée née sur le terrain

Vigil’Ange est née d’une démarche de concertation menée auprès des acteurs du milieu. Isabelle Poulin, aujourd’hui mairesse de Sainte-Hippolyte, participait alors aux travaux de la Table de consultation des aînés dans le réseau de la santé.

« Les aînés ne demandaient pas d’aide. Ils ne connaissaient pas les ressources et attendaient trop tard avant de demander de l’aide », explique-t-elle.

L’idée était de créer un réseau de vigie composé notamment de commerçants, de coiffeuses et de pharmaciennes, accompagné d’un réseau d’anges bénévoles pour guider les aînés vers les ressources.

Isabelle Poulin a aussi contribué au nom de l’organisme.

Des débuts précaires

Stéphanie Bérard, présidente du conseil d’administration depuis la création de Vigil’Ange, a accueilli le projet dans les locaux du Centre d’assistance et d’accompagnement aux plaintes de Laurentides.

La charte de Vigil’Ange a été reçue le 23 septembre 2016. Les premières années ont toutefois été difficiles sur le plan financier.

« Ils m’ont donné le bébé, pas de sac à couche. Pas rien, pas de ressources, pas de financement », raconte Stéphanie Bérard.

Le CAAP Laurentides a soutenu financièrement l’organisme pendant plusieurs mois.

« Si le CAAP Laurentides n’avait pas été là, Vigilange n’aurait pas existé », affirme-t-elle.

Les périodes de précarité se sont succédé avant que Vigil’Ange obtienne notamment du financement par le Programme de soutien aux organismes communautaires et une enveloppe du ministère des Aînés pour le déploiement d’intervenants de milieu.

« À chaque fois on avait un échec. On s’est tout le temps levé », dit Stéphanie Bérard.

Une mission qui se poursuit

L’organisme compte maintenant trois intervenantes à temps plein et une direction générale.

Pour Nathalie Bélisle, l’accompagnement est particulièrement important pour les personnes qui disposent de peu de soutien autour d’elles.

« Quelqu’un qui n’a pas de famille, qui n’a pas nécessairement d’amis, c’est plus difficile pour ces gens-là. Là, on fait vraiment une différence », dit-elle.

Après dix ans, Stéphanie Bérard considère le chemin parcouru comme une source de fierté.

« On est fiers de voir que Vigilange est déployée dans tout le territoire… soutenir autant d’aînés, près de 400 par année depuis 10 ans. »

L’organisme souhaite maintenant poursuivre le développement de son réseau de vigies et de bénévoles. Un éventuel milieu de vie pour les aînés isolés fait également partie des projets envisagés.